Alors que le chauffage au bois redevient une tendance de fond, aussi bien dans les zones rurales qu’urbaines, et ce à la faveur de l’augmentation générale du coût des énergies, on voit surgir ici et là des avis et commentaires sur les effets néfaste du chauffage au bois, décrit comme un facteur aggravant pour la qualité de l’air, notamment en ville. De nombreux textes sont apparus dès les années 2000-2003, principalement en provenance du Canada, décrivant le chauffage au bois comme une source de pollution majeure. L’internet est un mode de communication qui permet de diffuser une information en masse et sans limitation géographique. Un bon technicien de l’internet est en mesure de saturer le web sur un sujet donné, en y appliquant la coloration qu’il souhaite lui donner. On peut alors parler de « pollution » à coup sûr. Dès l’ores, la récurrence en masse d’une information sur le web ne garantit en rien sa véracité. Au contraire, sa présence massive est plutôt suspecte. Mais le principe de la rumeur est bien connu : il n’y a pas de fumée sans feu. On peut alors se demander quel intérêt il peut y avoir a mettre en exergue le risque lié à l’usage du chauffage au bois, notamment lorsque la plupart de ces points de vue sont exprimés sous la forme de « news letters » en provenance du Canada. On ne peut s’empêcher de penser à la manière très similaire dont le Canada a défendu les qualités environnementales de l’amiante, dont il est l’un des principaux producteurs, alors que partout ailleurs, sa nocivité était mise en évidence. Deux questions restent donc en suspend : - Le chauffage au bois pollue t-il ? - Qui peut avoir intérêt à polluer le discours sur le chauffage au bois ? Les réponses foisonnent sur le net, et comme dans beaucoup de domaines très bataillés, du nucléaire aux OGM, en passant par le risque alimentaire généré par le camembert au lait cru, seule une analyse objective et expérimentale permet au citoyen de se faire une idée. Puisqu’ à notre époque moderne, l’objectivité s’achète comme n’importe quelle prestation de service, la vérité vraie n’est pas prête de surgir. Reste à se fonder sur son propre bon sens. A chacun de se demander si, selon son intuition, un stère de bois de chauffage pollue davantage qu’un baril de pétrole, une barre d’uranium, ou un wagonnet de charbon.
